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LE TREPIED DE L'HOSPITALITE

Ces temps de vacances sont propices au ressourcement spirituel et intellectuel. Et pour nous qui sommes hospitaliers, résolument tournés vers les personnes en souffrance, cette prise de recul me paraît capitale. Alors voilà qui pourrait nourrir notre réflexion d’été : le trépied de l’hospitalier !

« Le musicien de concert, assis derrière son pupitre, attend de celui-ci une bonne stabilité pendant l’exécution de son œuvre. Il repose sur trois pieds, ce qui est nécessaire et suffisant. Quel rapport avec Lourdes ? Un bon hospitalier, pour être apprécié, doit aussi être bien équilibré. Il lui faut alors lui aussi trois pieds qui sont : Prière, Accueil et Humilité.


Prier : L’hospitalier est lui aussi en pèlerinage. Les journées sont longues, l’accompagnement des personnes malades exigeant, il faut demander à Marie la force et le courage nécessaires pour être au top.


Accueillir : La personne malade ou handicapée attend de notre part une attitude d’écoute, de soin, de gentillesse, de prévenance.


Humilité : Des années de pèlerinage, voire des dizaines pour certains, ne sont pas des gages de bons comportements et ne donnent aucun droit de commandement sur les nouveaux ou les jeunes ; il n’y a pas de grande ou de petite tâche. Le Christ, pourtant « Fils », a commencé par être serviteur. »


Ces trois règles que j’ai glanées dans un bulletin de « l’hospitalité Notre Dame de Lourdes » appellent de ma part quelques commentaires.


Ces trois piliers que sont la prière, l’accueil et l’humilité me paraissent avoir tout autant leur place en pèlerinage à Lourdes que dans notre quotidien d’hospitalier, c’est à dire tout au long de l’année. Sous l’impulsion des responsables de doyennés et d’ensembles paroissiaux, ayons à cœur dès la rentrée de septembre de partir d’un bon pied.


Trouver le bon positionnement auprès de nos malades n’est pas toujours aisé. Si nous avons toujours à être dans l’accueil, il apparaît que nous devons parfois adapter notre comportement aux pathologies rencontrées. La bienveillance de mise n’exclut pas parfois une certaine fermeté.


Pour les hospitaliers dont l’aspiration profonde est d’être des disciples du Christ, la prière est une nourriture sans laquelle leur service auprès des malades serait dénaturé, au risque de tomber dans un certain activisme. Le Père Daniel BROTTIER (1876-1936), aumônier militaire pendant la 1ère guerre mondiale, héros du front qui aurait dû mourir 100 fois, fondateur des « apprentis orphelins d’Auteuil », et béatifié par Saint Jean-Paul II en 1984, disait ceci : « D’où vient que beaucoup d’œuvres fort bien organisées produisent peu de résultats ? C’est l’essentiel de l’organisme qui manque. Il y a des mains, des pieds, une tête, plusieurs langues et point de cœur. Le cœur d’une œuvre, c’est la vie intérieure ».


Mais je n’oublie pas que parmi nous, certains sont incroyants. Leur engagement auprès des malades trouve son sens dans un humanisme qui les honore. Ils ont donc à l’évidence toute leur place dans la famille de l’hospitalité.


S’agissant de l’humilité, j’ai acquis la certitude que l’esprit hospitalier (lequel resterait à définir) n’est pas l’apanage des hospitaliers qui ont de la bouteille. Je suis touché de voir que parmi nos stagiaires, il en est qui font preuve d’un dévouement exemplaire, qui ont une manière d’être et de faire qui n’a rien à envier à leurs pairs plus anciens. Alors, luttons contre toute autorité déplacée qui n’aurait pour résultat que de faire fuir nos hospitaliers plus jeunes dans le métier, et sachons en revanche nous enseigner mutuellement et nous remettre régulièrement en question.


Pour reprendre cette image du musicien de concert, on attend de nous de jouer notre partition sans fausse note, sans quoi notre prestation serait de piètre qualité. Et pour éviter que notre symphonie ne se transforme en un infâme brouillamini, nous l’avons bien compris, il nous faut être bien campés sur nos trépieds. Travaillons-y, ce n’est jamais gagné, car si l’on n’y prend garde, les trépieds sur lesquels nous sommes assis auraient vite fait d’être déséquilibrés et nous ne serions pas accordés.


Alain CHARBONNIER, président de l’Hospitalité


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